La seule journée paisible, c'était hier...

Le Segmentum Pacificus est l'un des cinq Segmentae Majoris composant l'Imperium de l'humanité. Situé à l'Ouest galactique de Terra, sa Forteresse Segmentaire est Hydraphur.

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Kaitlyn Galate
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Re: La seule journée paisible, c'était hier...

Message par Kaitlyn Galate » 23 mars 2019, 22:54

Un observateur attentif aurait remarqué chez le lieutenant Galate une manie qui n’existait pas (ou quasiment) chez les autres pilotes d’aéronef de la marine : celle de pianoter sur le tableau de bord, de piétiner de la semelle sur le carré translucide du plancher qui se trouvait au niveau de ses pieds, ou encore de donner de brefs à coups de la tête dans le vide. Il y avait plusieurs raisons à cette gestuelle singulière : non seulement la jeune femme était une véritable pile électrique aussi capable de rester en place qu’un félirex domestique d’arrêter ses conneries, mais encore elle avait troqué son micro-vox pour ses écouteurs personnels. La musique hurlait dans ses oreilles un rythme endiablé qui correspondait à sa façon de croquer la vie, tout en ayant l’inestimable avantage de couvrir les vacheries que von Siskoye s’acharnait à leur vomir à la tronche par radios interposées.
Elle en était même à articuler silencieusement le refrain déchaîné de son groupe du moment lorsqu’elle surprit le regard torve que son navigateur, en la personne du capitaine Radja, lui jetait en coin. Sa bouche se referma avec un bruit coupable de poisson hors de l’eau et elle fit mine de se re-concentrer sur son pilotage.

En fait, Kaitlyn n’avait jamais été inattentive. Elle en était arrivée à ce point de pratique – agrémenté d’un soupçon de talent naturel – que pour les autres la spartiate pouvait très bien donner l’impression de n’avoir rien à carrer de l’aéronef, tout en ayant une conscience très précise de l’état actuel de son appareil. Ses yeux ne délaissaient jamais bien longtemps les écrans de contrôle de ses senseurs, vigilante quant aux moindres anomalies de basses ou hautes fréquences qui dénonceraient la présence d’un chasseur ou d’une créature comme le Chaos seul en avait le secret. De la même façon elle demeurait à l’affût de l’écran qui lui transmettait les échos entrants, ce qui laisserait à penser qu’un système ennemi serait en train de scruter la Valkyrie.

Et puis, elle avait un autre atout dans la manche. Ou plutôt dans les cervicales, implanté à même l’épais amas neural qu’elles protégeaient.

Une unité d’impulsion, incrustée aux nerfs et reliée à un filament synthétique qui s’enroulait autour des fibres organiques. Cette extension ressortait actuellement de l’iris couleur chair qu’elle avait à la base de la nuque et faisait le tour de sa poitrine, se glissait dans la manche et venait discrètement se greffer aux commandes du véhicule : il s’agissait d’un dispositif extrêmement rare et coûteux, jalousement conservé par les prêtres de Mars, une interface privilégiée entre l’Homme et la Machine. En un sens, Kaitlyn faisait plus que piloter la Valkyrie : son esprit courait librement entre ses circuits, et elle ressentait le fuselage presque comme s’il s’était agi de son propre épiderme. Les écrans qu’elle faisait mine de consulter auraient tout aussi bien pu être éteints, elle s’en serait pas mal moquée.

De telles augmentations n’étaient pas foncièrement interdites parmi les populations impériales, mais elles étaient bien assez singulières pour soulever des interrogations auxquelles l’aviatrice n’avait pas envie de répondre.
D’autant plus qu’elle n’était pas la seule dont bénéficiait la métisse, et les avis quant au cybernétisme étaient à peu près aussi variés dans l’Imperium que l’étaient les rayures d’une orchidée de Lacèdes.

« Bon alors. Quel est le plan ? » lança-t-elle soudain en pressant l’embout émetteur de son vox contre les lèvres, espérant détourner l’attention de son co-pilote vers un sujet autre que son manque de professionnalisme sur le fauteuil de pilotage. « Je vous lâche pas au-dessus du spatioport même, si ? »

Dans sa petite tête de bourgeoise aventureuse Kaitlyn ne se voyait absolument pas mettre le plus petit orteil sur le plancher des vaches. Elle tirait à la carabine avec la précision d’un cheval bourré, et puis mettre le nez hors de son habitacle climatisé n’avait jamais franchement fait partie du contrat opérationnel qu’elle s’imaginait avoie signé. Son détachement de la marine vers les régiments terrestres ne lui était apparu que comme l’occasion parfaite de parfaire ses compétences au maniement de petits aéronefs, et rien de plus.

Un coup d’œil par-dessus son épaule appuya la question qui venait de résonner dans toutes les oreillettes. C’était un spectacle cocasse que tous ces combattants entassés dans le ventre de la Valkyrie, chacun dans son carcan métallique semblable à ceux des antiques manèges de Terra et qui les maintenait solidement harnachés pour la durée du vol. L’une des militaires portait des entraves et paraissait bien petite, à la voir ainsi sévèrement encadrée par deux des soldats de Krieg. Elle se demanda quelle connerie l’intéressée pouvait avoir eu l’idée de faire pour se retrouver dans ce genre de configuration : Watson, son fidèle cervo-crâne médicalisé évidemment insensible aux quelques soubresauts de la carlingue, lui tournait autour dans un discret sifflement robotique.

« Remarquez, moi à votre place, ça me dérangerait pas » reprit-elle en se retournant d’un air suffisant. « On est comme ça, nous les Spartiates. On craint rien ni personne et sûrement pas le danger ! C’est presque con que je vous accompagne pas, mais si vous vous préparez bien ça devrait le faire, y a pas de raison. Pas vrai mon capitaine ? »
Kaitlyn Galate, Maîtresse du vide
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Umah Tamblyn
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Re: La seule journée paisible, c'était hier...

Message par Umah Tamblyn » 27 mars 2019, 03:54

Les paroles du caporal la frappèrent durement. Il allait la tuer lui-même si elle 'recommençait ses conneries'. Mais, en même temps, elle n'avait fait que réagir instinctivement, comme on l'avait formée à le faire. Après tout, à l'entraînement, on les formait a s'entre-aider, a se soutenir les uns les autres. Elle n'avait jamais vue les Kriegs avant, avant qu'ils ne tuent le sergent. Elle ne pouvait pas savoir, elle n'avait fait que réagir comme tous auraient du le faire.

Mais non, elle n'aurait pas du. Et maintenant, le corps tremblant, elle semblait en état de choc. C'est sans résister qu'elle se laissa entraînée dans la Valkyrie, ne prononçant plus un mot. Elle se retrouva assise entre deux solides Kriegs, les mains entravées. Elle restait sans réaction, fixant ses bottes boueuses.

Puis elle récupéra le sens de l'odorat. Elle pouvait sentir l'odeur de la sueur, odeur rance, malodorante. Celle de corps mal lavés, malmenés par les événements récents. Avec cela, s'ajoutait l'odeur du sang, de beaucoup de sang. Son visage était maculé du sang du sergent, en plus. Et son uniforme, tâché de boue, était aussi souillé par le sang de divers de ses camarades. Puis il y avait une odeur d'urine, certains des soldats ayant du se souiller pendant la bataille. Mais le pire, c'était l'odeur de la peur. Pas seulement la sienne. Non, tous ressentaient cette peur, à un niveau ou un autre.

Puis les sensations lui revinrent. Elle sentit les corps des deux Kriegs qui l'encadraient, ce qui lui rappela aussitôt ses mauvaises expériences sur Alcatran. Son corps se mit a trembler violemment. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Elle ne pouvait plus respirer.

Respirer. Elle devait respirer.

Tremblante, elle hyper-ventilait, son cœur menaçait de lui jaillir de la poitrine.

Elle devait se lever avant d'être prise d'une véritable crise de panique, elle avait besoin d'un peu d'espace. Être coincée entre deux hommes, ainsi, ne l'aidait pas. Cela lui procurait un sentiment d'impuissance trop familier, lui rappelant ce qu'elle avait vécue sur Alcatran. Tremblant violemment, elle se mit a tirer sur ses liens, les larmes laissant des sillons propres sur ses joues.

"Respirer... Je.. ne peux... respirer!" fit-elle, la panique reconnaissable dans sa voix.

Elle tira plus fort sur ses liens, sans succès, puis leva les yeux vers l'un des Kriegs. S'il ne connaissait qu'un peu la psychologie, il comprendrait sa détresse et serait compatissant. Mais.. demander de la compassion a un Krieg? Elle avait plus de chance de faire sourire un Custodien! Elle continuait de tirer sur ses liens, paniquant franchement maintenant.

"Pitié!" s’exclama-t-elle. "De.. de l'espace... J'ai besoin.."

Ses yeux se révulsèrent alors et elle fut prise de convulsion, s'effondrant contre son siège..
Umah Tamblyn, Garde Impériale
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Taille Tallgott
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Re: La seule journée paisible, c'était hier...

Message par Taille Tallgott » 16 avr. 2019, 19:23

Il faisait nuit, une nuit illuminée par les feux de foret et les explosions qui anéantissaient inexorablement la magnifique planète natale du première classe Tallgott, Taille venait d'apprendre le décès de Heta par vox, c'était le médecin en chef qui lui avait personnellement transmis la nouvelle, le colonel Gaagii, ami de longue date de la famille Tallgott, c'était cet homme qui soignait la fratrie de la jeune femme avant qu'elle ne rejoigne le quarantième régiment d'Elona. Taille lui avait demandé de prendre soins des derniers survivants de son escouade et de la prévenir si il le pouvait au moindre problème. La douce Naya quant à elle n'était pas encore sortie du coma du à l'explosion du dernier transporteur que la jeune femme avait vue, néanmoins son pronostic vitale n'était pas engagé il lui fallait juste un peu de temps pour se réveiller cependant il était déjà trop tard pour revenir en Arrière au chevet de ses amis, la jeune première classe séchât ce qui ressemblait à une larme mêlée de sang et de boue.
Accompagnée d'Anoki, ils étaient déjà dans une Valkyrie qui filait en direction du Spatioport Primaris.

Les deux jeunes Eloniths avaient rejoints spontanément le petit groupe de soldats formé par le Capitaine Radja en vantant légèrement les facultés innée qu'avaient les Eloniths pour ce genre de missions d'avant-garde, en effet la grande majorité des fondations de régiment sur Elona portaient sur les troupes d’appoint, spécialisés dans la reconnaissance et réputés pour leur furtivité et leurs prouesses en infiltration notamment grâce à leurs fameuses capes de camouflage recouvertes de caméléoline.

Taille était restée silencieuse pendant le vol, occultant l'ambiance pesante et les braillement qui provenaient de l'avant de l'appareil. Elle avait dans un premier temps profité du répit pour consulter sa tablette de donnée afin de mémoriser les plans du Spatioport Primaris, son compagnon rescapé était lui aussi resté silencieux, zieutant les plans pour s'en imprégner aussi au maximum.

Une fois satisfaite, elle rangea sa précieuse tablette dans son étui, puis sortis sa dague Waban de son fourreau afin d'en éprouver le double tranchant, le crève-cœur se devait d’être prêt à châtier les ennemis de l'empereur, une fois apaisée la belle Elonith étudiât rapidement du regard les membres de l'équipage, composé totalement de xenos, étrangers à la planète autrefois verdoyante, se demandant si elle pouvait compter sur ces hommes et femmes le moment venus...
Mais la jeune femme se consolât lorsque son regard se posât sur les deux Haranoki, ces derniers étaient ressemblant de par leur comportement aux Elonith, ce qui adoucit sa tendance à abhorrer les autres descendances de l'imperium. Aussi, elle n’hésitât pas à les saluer de la tête, puis sentant que la destination se rapprochait elle fermât les yeux pour accommodé sa vision à l'obscurité invitant Anoki à en faire de même.
Taille Tallgott , Voie du Garde impériale
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En avant par Feith !

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Aestaban Geist
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Re: La seule journée paisible, c'était hier...

Message par Aestaban Geist » 24 avr. 2019, 22:12

Comparé au reste de la journée, le voyage en Valkyrie ne fut au final pas si désagréable que ça aux yeux du caporal. Ici, pas de bombardement, pas de tentatives douteuses de mutinerie, et encore moins de boue : il n'y avait pas à dire, cela ressemblait presque à un vrai petit coin de paradis. Presque, c'était là le mot important.

Comme une certaine partie des soldats présents, Aestaban n'avait pas été très enchanté d'être réaffecté aussi rapidement à une autre mission. La dernière retraite lui laissait un goût LÉGÈREMENT amer dans la bouche, et s'il s'était, comme d'habitude, contenter de grogner sans pour autant contester les ordres, autant dire qu'il n'était pas franchement de bonne humeur. Et visiblement, il était loin d'être le seul à avoir les nerfs à vif ...

Cela faisait, en effet, maintenant quelques bonnes minutes que le Colonel Von quelque-chose c'était mit à leur gueuler dessus, n'arrangeant en rien l'ambiance peu festive du coin. Honnêtement, il aurait été un peu ingrat pour l'Alcatran de se plaindre d'un tel comportement. C'était le Colonel Sanders (ou quel que soit son nom) qui les avaient tiré de ces foutus tranchées, et sans ce brave monsieur dont il ne parvenait jamais à retenir le patronyme, il serait sans doute mort à l'heure qu'il était. S'il y avait bien une qualité que le jeune homme avait acquise durant son enfance sur Alcatran, c'était celle qui constistait à savoir quand fermer sa gueule, aussi décida-t-il de passer outre la gène occasionnée par son supérieur, et ce malgré son énervement.

Occupé à rechercher tant bien que mal le nom du Colonel, histoire de ne pas se faire taper sur les doigts si un officier venait à remarquer son manque d’intérêt pour leurs personnes, le soldat fut vite tiré de ses pensées lorsqu'une petite voix un peu trop nerveuse à son goût se mit à raisonner dans son oreillette. De ce qu'il comprit, c'était la pilote qui s'exprimait. Surement pas une Alcatran, vu l'accent, d'autant plus qu'elle se présenta fièrement comme une "Spartiate" quelques secondes plus tard. Jamais entendu parler, mais bon, pourquoi pas. Un peu d'exotisme ça ne pouvait pas faire de mal.

Sans doute que la jeune femme déblatéra ensuite des propositions de plans très intéressants pour éviter qu'ils finissent tous en passoire, mais Aestaban ne l'écouta absolument pas. Déjà parce qu'en bon paresseux, et bien qu'il ne douta pas qu'il aurait été capable d'élaborer un plan décent si l'envie lui en avait prie, il n'avait pas du tout la motivation pour parler stratégie ; et surtout, parce qu'il était trop occupé à regarder, la mine dépitée et les yeux ronds comme des soucoupes, Tamblyn en train de convulser sur son siège. Oh bordel....

Non, mais réussir à être un boulet à ce point ça devait être une forme d'art, au fond... une prestation artistique grandiose, une manipulation exemplaire de ses émotions, un plan complexe dont Aestaban était l'observateur privilégié. On pouvait presque dire que cette œuvre avait été faite pour lui ! Comme si la recrue semblait déterminer à appuyer minutieusement sur chacun des éléments capables de le mettre en rogne. Il en était presque impressionné, à ce niveau.

Il hésita pendant quelques secondes à utiliser le Vox pour répondre à la "Spartiate", mais il était à peu près sûr que proposer, comme plan, de larguer Umah en tant que bombe sur les positions ennemies n'était pas une idée qui recevrait une large approbation. Aussi se contenta-t-il de cacher son plan de génie au reste du groupe, et d'attendre patiemment qu'un des Krieg ait la merveilleuse initiative de coller une droite à la jeune fille. Il ne manquait plus qu'à espérer que tout les membres de l'escadron ne soient pas du même acabit que celle-là...
Aestaban Geist, Voie du Garde impériale
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[MJ] Rogal Dorn
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Re: La seule journée paisible, c'était hier...

Message par [MJ] Rogal Dorn » 25 avr. 2019, 16:33

Segmentum Pacificus, Elona, Spatioport Primaris, 999.M41. 23h20.

L’heure était venue. Le lieutenant Galate entamait le protocole de descente vers le spatioport. Malgré des appels vox répétés, rien ne filtrait du port spatial. Tout semblait éteint, mort, à Primaris. D’aspect extérieur, tout semblait presque normal. Le bâtiment et ses alentours avaient été épargnés par les bombardements. Rien n’était brisé, rien n’était abimé. La seule chose étrange était le manque d’activité. En temps normal, le spatioport grouillait de gens et de vaisseaux. Hors là, il n’y avait personne, peu de vaisseaux, pas de véhicules, pas d’employés sur les plages d’embarquement, rien. Seul les lumières extérieur qui éclairaient la façade étaient encore en service. Tout cela était plutôt inquiétant, mais les ordres étaient les ordres, ils ne pouvaient faire marche arrière.

Alors que tout le monde discutait stratégie après l’impulsion de Galate, deux personnes gardaient le silence. Le lieutenant Djamena ne semblait vraiment pas apprécier la Spartiate. Putain de bourgeoise de merde, put-on entendre entre deux marmonnements inaudibles. Quant à Ali Radja il gardait le silence pour une raison inconnue. Kaitlyn était un peu perturbé par le mutisme de son supérieur. Sans indication de sa part, elle avait décidé d’amorcer un atterrissage sur zone. De toute façon, elle avait dit qu’elle les lâcherait au-dessus du spatioport seulement pour détendre l’atmosphère. Elle n’avait jamais pensé à ça sérieusement. Espérons que Radja l’avait compris dans ce sens.

Elle n’eut pas à poser de nouvelles questions au capitaine car ce dernier se décida à sortir de son silence lorsqu’ils entrèrent dans la dernière phase de l’atterrissage.

- Je crois que vous n’avez pas vraiment compris la situation et la mission actuelle, Lieutenant. Il n’est pas question pour vous de nous déposer et de repartir au camp Giordano. Vous venez avec nous. La mission vous inclus. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, cette mission à deux issues. Si nous réussissons nous avons une chance de foutre le camp de cette planète. Mais si nous échouons, c’est la mort. La mort pour nous et pour tous les gens de cette planète encore en vie. Nous ne pouvons donc échouer. Et c’est pourquoi nous avons besoin de vous dans le spatioport. Chaque soldat à son rôle à jouer. Terminé, conclut le capitaine Ali Radja dans un crachotement de vox.

Le reste de descente vers le spatioport se fit dans le calme. Von Siskoye s’était tût, ravi de la discussion stratégique qui s’était organisée dans la Valkyrie. Radja regardait devant lui, à travers la verrière en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure. Tous les autres militaires étaient plongés dans leur réflexion ; certains priaient, d’autres réfléchissaient. Seul le groupe des Death Korps s’agitait autour de la seconde classe Tamblyn qui ne s’était toujours pas remise de son malaise. Anatoli commençait à avoir sa claque de cette bleue qui ne servait à rien à part à les ralentir. Pourquoi Siskoye avait choisi une telle épave pour cette opération ? Il y avait plein d’autres militaires bien plus valeureux qu’elle, au camp Giordano. L’opération était d’une importance ultime, la vie de tous les impériaux de cette planète tenait entre leur main, et …. Sisokoye avait choisi cette fiotte pour faire partie de ce groupe. Pourquoi ? Armant une mandale monumentale en direction de la joue de Tamblyn, il fut arrêté in-extremis par le bras du caporal Borodine.

- Rien ne sert de l’amocher, j’ai ce qu’il faut, dit le caporal Alexei Borodine en sortant de son paquetage un masque respiratoire aux sels d’ammonium.

Le regard d’Anatoli à direction d’Alexei était d’une noirceur extrême. D’où ce caporal se mettait en travers de son chemin pour aider une morveuse incapable de faire quoique ce soit ? Malgré sa colère, il laissa faire son caporal. Ce dernier n’avait finalement pas tort. Mieux valait une mauviette en bon état, qu’une mauviette en mauvaise état ! Les soins de Borodine portèrent rapidement leurs fruits. Alors que la carlingue vibrait de façon infernale, la seconde classe Umah Tamblyn émergea de son malaise. Elle semblait dans un état second, mais reposée et en parfaite santé. Une fois que Borodine en eut fini avec elle, Anatoli souleva violemment la jeune femme et la plaqua dans son siège avant de lui attacher sa ceinture de sécurité.

-Putain, on dirait que je m’occupe d’une gosse, marmonna l’adjudant-chef excédé.

Plus rien de notable ne se passa jusqu’à ce que les patins de la Valkyrie se posent sur le revêtement d’une des plateformes d’atterrissage du spatioport Primaris. Lorsque les moteurs de la Valkyrie se turent, tous les militaires à bord restèrent silencieux, coupant leur souffle, comme si ils s’apprêtaient à se faire trouer le corps d’un instant à l’autre par des tourelles automatiques reconditionnées par les envahisseurs. Après plusieurs secondes, rien ne se passa. Ali Radja en profita pour s’adresser à ses militaires, l’air sombre.

- C’est l’heure.

Les dix-sept occupants de l’aéronef descendirent en silence en file indienne, armes aux poings, prêts à neutraliser la moindre menace se pointant devant eux. Par chance, aucun ennemi ne semblait se manifester. Primaris était extrêmement calme et hormis la pluie, rien n’était audible. Une fois les premières vérifications de sécurités faites, le groupe s’engouffra véritablement dans le spatioport et dans ses dédales de couloirs. Taille Tallgott et les deux Haranoki passèrent devant en éclaireur. Leurs qualités de reconnaissance étaient assez bonnes pour prévenir le moindre danger. La voie était libre. Contrairement à l’extérieur qui était généreusement éclairé, l’intérieur était sombre et lugubre. L’électricité semblait avoir été coupée. Tous allumèrent les lampes fixés sur les rails de leurs armes. Les deux Haranoki mieux équipés que le reste, allumèrent leurs amplificateurs de lumière résiduelle.

- RAS, signala Marcus au capitaine Radja par vox.

Enfin à l’abri de la pluie et des envahisseurs, les gardes impériaux se regroupèrent dans un espèce de grand hall d’accueil autour du capitaine Radja qui s’apprêtait à parler.

- Nous n’avons aucune indication sur le niveau de menace à l’intérieur du spatioport. Ce qui est sûr c’est que quelque chose est anormal. Notre premier objectif ici est d’enquêter sur la menace. Ensuite nous devrons la neutraliser ou la canaliser. Ensuite notre deuxième objectif, le principal, est de sécuriser le spatioport et d’organiser la fuite de cette planète. A cet effet, le colonel Von Siskoye à déterminé deux cibles. La première est la salle de contrôle situé au 5ème étage de Primaris, et la seconde est la plage d’embarquement Magenta situé au dernier étage. Vous remarquerez que cette opération est du quasi suicide et que même si celle-ci réussi, il faudra ensuite réussir à percer le blocus spatial autour d’Elona. Il faudra faire preuve de courage et de ruse pour atteindre le saut Warp de la planète. Afin de maximiser nos chances et faire rapidement nous allons nous séparer. Les groupes de reconnaissance ont déjà été définis par le colonel. Le lieutenant Djamena prendra le commandement du premier groupe. Elle aura sous ses ordres, Geist, Tamblyn, Sextus, Tallgott, Anatoli, Kiril et Galate. Je prendrais le commandement du deuxième groupe.

- Pour faire honneur à votre grade de lieutenant, et bien que je ne vous laisse pas le commandement du premier groupe ; Kaitlyn, je vous laisse décider de la zone que vous voulez sécuriser ? La salle de contrôle, ou Magenta ?

Avant que le lieutenant Galate réponde, Aïcha Djamena maugréa une phrase du genre : Encore un de ses privilèges de bourgeoise de merde. Djamena l’avait dite assez fort pour que tout le monde puisse l’entendre. Néanmoins personne ne réagit, pas même les sanguins Death Korps de Krieg.

Constatant de la dissension dans le premier groupe de reconnaissance, Radja laissa Galate réfléchir et attira Geist et Anatoli vers lui afin de leur toucher deux mots. Personne hormis les deux hommes n’entendit ce que le capitaine leur chuchota. Revenant vers les soldats qui s’étaient déjà scindés en groupes, Radja reposa sa question à la spartiate.

- Alors ? Vers ou vous dirigez-vous ? Le temps presse.

Une fois cette décision prise, ils prirent des chemins différents et s’engouffrèrent dans le spatioport Primaris, toujours aussi calme. Quelle menace couvait dans ce lieu lugubre?

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